Chapitre 3 - Le Feu de Vérité

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Chapitre 3 du livre "Le Feu de Vérité"
Les désirs et les plaisirs
 
Je vais commencer par parler des plaisirs : que sont-ils et comment naissent-ils ?
La vie, nécessairement, implique une relation de l’individu avec le monde extérieur par l’intermédiaire des organes sensoriels : les oreilles, les yeux, le nez, la bouche et la peau. Nous avons également un contact émotif avec notre entourage, un contact intellectuel avec le monde des concepts et des pensées, et un contact spirituel avec toutes les questions de la religion et les différents courants de spiritualités.
Tout cela recouvre les expériences que nous faisons tous les jours, chacune d’elles étant considérée comme agréable ou désagréable selon la façon dont nous l’abordons. Ainsi, nous aurons un rapport agréable avec le feu, s’il nous permet de nous réchauffer, de cuire nos aliments, et nous en aurons une expérience désagréable, si nous nous brûlons par inadvertance. Le feu n’a pas de qualificatifs particuliers, il est ce qu’il est par sa nature propre. Tout dépend de l’adéquation de notre propre attitude devant le feu.
 
Voyons quand naît la notion de plaisir. Au moment où nous entrons en contact, où nous vivons la relation, nous ne sommes, pendant un très court instant, que l’expérience. Si vous écoutez une musique, au moment précis où vous êtes en train de l’entendre, vous n’êtes que l’expérience de l’écoute. Si vous voyez un beau paysage, à l’instant où vous regardez, vous n’êtes que la vision de ce que vous avez en face des yeux. Mais pratiquement en même temps, aussi vite et presque simultanément, le cerveau commence à fonctionner. Il y a très peu de temps pour l’expérience elle-même, l’expérience sans information mentale, la vision d’un paysage, l’écoute de la musique ou la rencontre d’une personne. Immédiatement, l’individu va utiliser son cerveau pour organiser l’information reçue. Il classifie, codifie et organise les données et va ainsi déterminer s’il s’agit d’une expérience positive ou négative. L’objet de l’expérience devient secondaire, ce qui va intéresser l’expérimentateur sera de rechercher les expériences identifiées comme positives et de fuir les expériences négatives. Il ne s’occupera de l’objet que dans la mesure où celui-ci est source de profit.
 
Ainsi, nous aboutissons à la notion de plaisir. En lui-même, le plaisir n’existe pas ; il n’est qu’un travail de l’esprit individuel. Il varie donc d’une personne a une autre. L’une trouvera avantage et agrément à une expérience, alors que l’autre n’éprouvera que mécontentement. Le plaisir est ce que l’homme tire pour lui-même de l’objet d’expérimentation. C’est un procédé totalement attaché à l’ego, qui entre en relation avec le monde et la vie par l’intermédiaire des sens et de la pensée, pour extraire de ce contact ce qui l’intéresse et l’avantage.
Le plaisir est donc l’intérêt que la personne trouve dans l’objet, mais qui n’existe pas en tant que tel dans l’objet lui-même. Il n’existe que dans l’esprit de l’homme. Cet homme ne rencontre jamais la réalité, car son contact avec le monde est toujours conditionné par la recherche égocentrique du plaisir.
 
Essayons maintenant de comprendre ce que sont les désirs. Les désirs sont le souhait de la répétition des plaisirs ; ils ne naissent donc qu’après les plaisirs. Il y a deux catégories de désirs : celui de la répétition d’un plaisir passé, qui cherche à reproduire la même expérience ; et celui qui s’intéresse à un plaisir imaginaire par référence à des lectures ou ce que l’on a entendu dire... Dans les deux cas, le désir est lié au plaisir, par un procédé de réitération ou d’imagination. Sans plaisir, il n’y aurait aucun désir. Les désirs sont très éloignés de l’objet d’expérience, plus éloignés encore que les plaisirs. Il y a un objet extérieur, une sensation particulière ; l’individu s’empare de cette sensation avec avidité et égocentrisme ; il classifie et ne retient que les plaisirs. Il ne va évidemment pas retenir ce qui lui est désagréable ! Ensuite, si le plaisir est fini - parce qu’il ne dure qu’un temps - il éprouve le désir de retrouver le plaisir.
 
Le désir n’existe que dans l’esprit de l’homme, et il n’existe que parce qu’il y a eu plaisir. Supposons que vous admiriez un superbe coucher de soleil. Pendant un bref instant, vous ne faites que l’expérience de voir. Puis le cerveau surajoute un commentaire, un jugement sur l’expérience elle-même. Votre discours mental se met en branle : « Ah, c’est merveilleux, fantastique. ». Dès que vous rentrez chez vous, vous vous empressez de raconter à vos amis votre expérience de cet extraordinaire coucher de soleil. L’expérience est passée mais vous la réactivez avec l’esprit ; vous la réanimez en la racontant. Et puis, vous formez le projet de vous retrouver au même endroit pour admirer le nouveau coucher du soleil. En fait le lendemain, que se passe-t-il ? Vous ne rencontrez pas le soleil une deuxième fois ! Ce qui a été retenu du coucher de soleil, c’est le plaisir, et c’est ce plaisir que vous désirez rencontrer, non le soleil. Le désir de retrouver le plaisir vous incite à répéter la même expérience ; et cette expérience n'est plus qu'un moyen de retrouver votre plaisir.
 
 
En sexualité, c’est tout à fait évident : le désir sexuel est alimenté par l’envie de retrouver le plaisir. La personneavec qui on fait l’expérience est tout à fait secondaire. Il faut qu’il y ait une personne, c’est évident, mais celle-ci n'est prise en compte que dans la mesure où elle sert des fins individuelles, la recherche du plaisir. Si nous n’avions aucune mémoire de nos expériences ni aucune classification à leur sujet, nous ne pourrions plus les répéter car nous aurions tout oublié. Il n’y aurait ni plaisir ni désir de revivre ce plaisir. Mais le mental est au service de l’ego, et il n’oublie absolument rien. Il se souvient que telle expérience est plaisante, et telle autre déplaisante. Il crée le désir de retrouver les situations agréables, et le refus des situations qu’il juge indésirables. La réalité des objets extérieurs à lui-même ne l’intéresse absolument pas, parce qu’ils ne sont pour lui que des moyens utilisés à des fins personnelles. Ainsi, on ne peut pas rencontrer le sujet d’expérimentation par souci de connaissance, que ce soit le coucher de soleil ou un partenaire dans les rapports sexuels. Il ne s’agit pas d’une confrontation, d’un contact d’apprentissage, mais d’un moyen d’obtenir du plaisir. On ne connaît l’objet de l’expérience que dans la mesure, très limitée et étroite, où l’on en tire profit. Dans ce rapport, on ne rencontre que soi, puisque l’on ne rencontre que ce qui va nous apporter un bénéfice. La relation va de soi à soi, et non de soi à l’étranger, le hors de soi, le différent. On ne voit pas l’autre et on ne rencontre que son plaisir à travers l’objet, c’est à dire soi.
 
 
Suite du Chapître 3 : Les désirs et les plaisirs
 
   
 
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